Le chômage

Introduction

On ne parle que de lui, s’il a bien un sujet économique qui inquiète les gens, c’est lui, le spectre du chômage !

Voyons le problème d’un peu plus près...

Un chômeur est une personne de la population active qui cherche du travail.

Tout d’abord voyons l’évolution du taux de chômage durant les 40 dernières années

taux de chomage
On peut voir qu’il a beaucoup augmenté de 1973 à 1997, les différents gouvernements (droite ou gauche) s’y sont tous plus ou moins cassés les dents.
Depuis 1997, il redescend légèrement mais le taux de plein emploi (environ 5%) n’est pas près d’être atteint.
Pourquoi 5% ? Le taux de plein emploi devrait être 0% !
Eh bien non, car il y a toujours une part de la population qui est volontairement au chômage (pour changer de travail ou tout simplement pour une cessation d’activité).

Mécanismes

On va commencer cette partie par une mauvaise nouvelle : les économistes ne sont pas d’accord sur la facon de résoudre le chomage.
En effet, 2 courants de pensées sont en désaccord : le libéralisme et le Keynésianisme.

1. Le chômage selon les libéraux.

Pour les libéraux, le marché du travail est un marché comme un autre : une baisse générale des salaires pousse les entreprises à embaucher plus et tout comme le marché se régule tout seul, le chômage se résorbe par lui-même.
On en déduit alors que s’il y a chômage c’est que le système fonctionne mal et les coupables sont vite trouvés :
Soit les dispositifs qui empêchent les salaires de baisser : SMIC, 35h, charges sociales trop élevées…
Soit les dispositifs qui peuvent favoriser un chômage volontaire : RMI & allocations diverses.

La crise de 1929 est due à une application un peu trop poussée de cette théorie qui a entrainé une baisse des prix mais également une baisse importante des salaires.
Ceci accompagné par le fait que les inégalités etaient plus importantes que jamais, elle a conduit à la montée de parti nationaliste qui a menée à la seoconde guerre mondiale


2. Le chômage selon Keynes.

En 1936, Keynes écrit un livre qui révolutionne les courants de pensées économiques : « La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ».
La logique véhiculée par ce livre prend les théories classiques à revers , elle repose sur plusieurs points :


La conclusion de Keynes tombe : « pour faire baisser le chômage, il faut augmenter les salaires ».
Elle implique une certaine précense de l'état dans l'économie.
Le système Keynésien a régné durant toutes les trente glorieuses (1945-1973) et il a permis une explosion de la demande. Rappelons qu’en 1967, il y avait 200 000 chômeurs.

Cependant la crise de 1973 est venue balayer cette époque prospère ... Cette crise a été due à une hausse des prix trop importante. Cette hausse provient de l'application de la théorie de Keynes : monter les salaires pour dynamiser l'économie.
Depuis cette date le Keynesianisme a perdu de sa crédibilité, la tendance actuelle est de revenir au liberalisme de la vieille école.
(Nous reviendrons sur les crises dans un dossier prévu à cet effet, ne vous inquietez pas content)

3. L’approche de Malinvaud

Mais alors que faire ?? les deux théories ont mené à deux crises majeures...
Les gouvernements récents ne semblent d'ailleurs pas l'avoir très bien compris vu que la gauche essaie de conserver une approche Keynésianisme (controle de l'état, hausse des salaires et des allocations pour pousser à la consommation) et les gouvernements de droite de basculer vers une approche libéraliste (allègement du code de travail, des impôts et de l'importance de l'état).

Damn it! on est vraiment mal barré...

Heureusement un économiste français (c'est assez rare alors il faut le souligner) a développé sa propre théorie où tout s'explique : Malinvaud.
Malinvaud distingue deux types de chômage : le chômage Keynésien et le classique. Et à chacun des chômage sa solution (il fallait y penser!)

A. Le chômage Keynésien

Lorsque les prix sont trop élevés, les entreprises sont limitées par une demande insuffisante : Elle peuvent donc produire plus qu'elles ne le doivent, elles n'ont donc pas besoin d'embaucher.
Il faut alors appliquer la théorie Keynésienne pour dynamiser la demande : une hausse des salaires.

B. Le chômage classique

Lorsque les prix sont trop faibles, ce sont les entreprises qui limitent la demande : les prix étant trop bas, les entreprises ne jugent pas rentable de produire plus et n'embauchent pas.
Il faut alors appliquer la théorie classique pour restaurer la rentabilité des entreprises, et donc baisser les salaires pour encourager l'embauche.

Cette approche nous apporte une information essentielle : pour lutter efficacement contre le chômage il faut avoir fait un bon diagnostic, sinon on l'aggrave ! Il est possible que certains gouvernements se soient trompés ...

Le chômage et les statistiques

Attention ! Il faut bien savoir qu’une politique de lutte contre le chômage commence bien souvent par s’attaquer aux statistiques plutôt qu’aux causes réelles (c’est malheureux mais bon …) Avant tout, vous devez savoir que :

Exemple 1 : l’Angleterre
En Angleterre, les handicapés ne sont pas considérés comme chômeurs. Et bizarrement, le nombre d’handicapés est passé de 1 à 4 millions dans les années 80, en même temps que le chômage baissait avec les lois Thatcher.
Les personnes en incapacité de travailler représentent 5% de la population (contre 0,3% en France !), ils perçoivent l'"incapacity benefit" en contrepartie de laquelle ils n'ont pas la possiblité de chercher un travail (ce qui n'est pas le cas avec les RMIstes).
Les USA possèdent à peu près le même système de "délistage".

Toutes ces combines nous mènent à des situations comme celle-ci :

Au quatrième trimestre 2004 selon l'OCDE le taux de chômage normalisé pour les hommes de 25 à 54 ans était de 4,6 % aux États-Unis et de 7,4 % en France. À la même période et pour le même groupe, le taux d'emploi était de 86,3 % aux États-Unis et de 86,7 % en France.

Le taux d’emploi

Le taux d’emploi est proposé par certains spécialistes pour mesurer correctement le chômage.
Définition (wikipédia) : Le taux d'emploi est la proportion de personnes disposant d'un emploi parmi celles en âge de travailler (15 à 64 ans). Le taux d'emploi reflète la capacité d'une économie à utiliser ses ressources en main-d'œuvre.
L’avantage de ce taux est que sa simplicité le rend difficile à trucquer. Il ne suffit pas de changer la définition de « handicapé » pour le faire baisser.

Ce taux nous montre que la France est plutôt dans une bonne situation, en voila un truc qu’on entend pas souvent !


Les politiques de lutte contre le chômage

Les 20 dernières années ont été particulièrement difficiles pour ce qui est de la lutte contre le chômage.
Les personnes en proie à un comportement très subjectif se divisent :

Qu'en est-il vraiment ?
Ce qu'il faut savoir c'est que 2 "causes inhabituelles" ont eu un effet très important sur le taux de chômage :
le baby boom
Une fois les baby boomeurs arrivés en âge de travailler, la demande d'emploi à très nettement augmentée

l'emploi des femmes
Les femmes travaillent de plus en plus ( le taux d'activité féminin est passé de 45% en 1968 à 80 % en 2000 et pour les jeunes femmes, il est de 90% )
Si on se met bien ça en tête, on s'aperçoit que le bilan n'est pas si terrible que ça.
En effet, on a créé plus d'emploi entre 1982 et 2003 qu'entre 1962 et 1982. Mais cela n'a pas suffit à endiguer la montée du chômage.
Les gouvernement ont mis en oeuvre 3 types de politiques pour atténuer cette montée: Cela ne suffira pas, la discontinuité démographique est trop importante ...

Cependant j'ai une bonne nouvelle qui se résume en une addition : 1946 + 60 = 2006.
Qu'est ce que je raconte ??
C'est assez simple, depuis 2006, les baby-boomeurs (qui a commencé vers 1946) commencent à partir en retraite (à 60 ans). La situation devient donc favorable et le chômage va naturellement diminuer.

Bien, après avoir vu l'essentiel sur le chômage (je compte enrichir les pages par la suite) attaquons nous au problème de la dette